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Autour de la COP21 à Paris : Conférence avec le Cardinal Hummes du Brésil et Mauricio Lopez président Mondial de la CVX

Vendredi 4 décembre 2015, Mauricio Lopez, responsable de la COmmunauté mondiale et le Cardinal Claudio Hummes ont donné une conférence à l’Église Notre-Dame d’Espérance à Paris, dont vous pourrez prendre connaissance en lisant la retranscription ci-dessous.

Jean Fumex :

Nous avons la chance et la joie d’accueillir deux personnes, d’abord le cardinal Hummes qui vient du Brésil. Deux mots pour le présenter, il est archevêque émérite et président du réseau ecclésial associatif PANAM. Avec lui l’accompagne Maurizio Lopez, secrétaire exécutif de ce réseau, il a une autre particularité pour les membres de CVX, c’est qu’il est le président mondial de la Communauté. C’est au titre de secrétaire exécutif qu’il est là ce soir. Deux anecdotes par rapport au Cardinal Hummes si je peux me permettre, vous savez au moment de l’élection du pape il y a une petite voie qui lui a dit « dans ton mandat, n’oublie pas les pauvres », cette petite voix c’est lui et l’autre anecdote c’est qu’il est venu en France et amené les chaussures du pape et les siennes sur la place de la République pour manifester le lien avec les associations qui n’ont pu manifester au moment de la COP21. Vous savez agir local , penser global, il va y avoir quelque chose par rapport à ce qui se passe en Amazonie  , le cardinal et Maurizio sont présents à la COP21, écoutons les :

Maurizio Lopez :

Merci pour la possibilité d’être avec vous encore une fois. Il y a quelques mois, j’ai participé au congrès de la CVX France et mon cœur est reconnaissant pour ce moment. C’est une grande inspiration pour toute la CVX du monde. Nous exprimons aussi notre solidarité à ces moments où il y a beaucoup de douleur avec les évènements récents en France, le monde entier souffre, Le fait de voir les choses comme croyant va nous permettre une espérance dans le regard. La Cop 21 est un appel à l’ espérance, nous sommes tous heureux de l’invitation du pape à une invitation d’une église qui chemine et la question que nous devons nous poser, est ce que je suis prêt à accepter cet appel. Nous pouvons tous applaudir le pape Francois qui nous parle de nous, si nous ne changeons rien, rien ne se passera, c’est ce que l’encyclique Laudato Si nous appelle à faire, un changement profond. Même si nous sommes en train de travailler à une réalité lointaine qu’est la Panamazonie, nous sommes tous responsables du futur de la planète, ce n’est pas de l’idéologie ou de la politique, il s’agit du futur des prochaines générations. Quel monde voulons nous laisser à nos enfants nous demande le pape nous demande le pape dans l’encyclique. Les enfants de la CVX nous demandent de nous poser cette question tous les jours, regarder avec les yeux ; c’est le cœur de notre spiritualité de sentir le christ vivant qui souffre en ce monde. La Pan-Amazonie est un territoire qui inclut 9 pays, imaginons cela parait très loin, quelle relation ai-je avec l’Amazonie aujourd’hui, chaque fois que vous respirez, une respiration sur 5 dans le monde vient de l’Amazonie, il y a bien une relation avec nous n’est-ce pas, chaque fois que nous buvons de l’eau, un verre sur 5 vient de l’Amazonie. Le futur de la planète bien sûr dépend de ce territoire, le plus important ce sont les peuples, les communautés qui y vivent. Le pape nous incite à apprendre d’eux qu’il y a d’autres manières de vivre, il ne s’agit pas de les imiter mais accepter et reconnaître qu’il y a d’autres manières de traiter la terre et vivre avec elle. L’Eglise dans cette région était présente aux débuts de la colonisation toujours proche de la réalité locale, cette mission de l’église continue toujours d’être très vivante, le réseau ecclésial Panamazonien que nous représentons avec le cardinal est là pour unir les forces et défendre la vie. Il y a beaucoup de témoignages de vie qui sont allées jusqu’au martyr et elles nous parlent aussi d’espérance. Ainsi comme CVX nous sentons dans l’église cette mission de défendre la vie, ceux qui travaillent là-bas comme prophètes missionnaires en donnant leur vie en pensant à quel futur nous laissons à ceux qui viennent après nous. La cop 21 est une grande opportunité pour regarder avec espérance ce qui se passe sur la planète aujourd’hui. Si nous ne faisons pas attention que soit respecté les accords encore une fois il ne se passera rien. La CVX a envoyé en mission des membres en Amazonie. Le pape Francois compte sur nous tous et sur l’église pour l’accompagner dans cette mission importante. A chacun de nous, en faisant les exercices spirituels, il est demandé de sentir avec l’église comment s’engager personnellement, c’est notre responsabilité. Pour cela la présence du cardinal ici est très importante pour nous. Il a été nommé archevêque de la Panamazonie c’est un signe de grande espérance pour nous, il est franciscain , le pape Francois par son nom nous a donné un une fraternité avec eux, je vais terminer avant de passer la parole au cardinal : Chaque fois que vous buvez un verre d’eau ou respirez , l’Amazonie est aussi avec vous. Ce n’est pas une mission de fous qui sont là-bas, c’est notre maison commune. C’est notre responsabilité. Merci beaucoup.

Cardinal Hummes : Je viens vous saluer en vous souhaitant une bonne soirée. Après ce que nous avons entendu de Maurizio, je commencerai par la chose suivante. Les parisiens et les français ont un héritage cartésien très fort, pour cela quand on dit que travailler avec l’amazone c’est fou, c’est au contraire très rationnel. Dans les idées claires et distinctes de Descartes nous savons que réellement aujourd’hui la question amazone est une question globale. Nous ne devons penser qu’il s’agit seulement de la responsabilité du brésil de l’équateur, non c’est notre responsabilité. Nous savons que l’opinion publique mondiale est encore très loin de se rendre compte de l’importance de cette crise ; c’est urgent et nous ne devons pas perdre de temps, il n’y a pas comment reporter. Pour cela, une des premières questions est comment former une opinion publique qui réalise le sérieux de cette crise. Je dirais que l’encyclique Laudato’si a beaucoup contribué à une opinion favorable. Ce n’est pas seulement Laudato’si, il y a beaucoup de groupes qui se mettent à cette question et aussi les gouvernements sont mis sous pression par le peuple à penser de façon plus cohérence à cette question ; pour cela nous savons que nous devons être très convaincus et exiger des décisions courageuses et créatrices de liens et dans la légalité. Je crois aussi que ce que le pape nous présente avec les différentes dimensions est très aidant d’abord la première dimension est la dimension religieuse, le pape dit que toutes les chrétiens, pas seulement les catholiques, ceux qui croient en Dieu créateur ; nous avons une responsabilité religieuse, Dieu nous a confié la terre comme un don, pas pour la dévaster, mais pour en prendre soin, la cultiver, prendre soin de notre maison commune, pour cela c’est une question globale et pas seulement de l’Amazonie. La seconde dimension qu’a déjà pointée Maurizio est une question éthique avec la responsabilité pour les générations futures. Quand je vois cette jeune fille assise face à nous, très jeune, elle nous demande de prendre soin de son futur, c’est une question éthique très sérieuse, l’autre question éthique est la question des pauvres, ce sont eux qui vont avoir encore plus de problème dans le futur avec la dévastation de la planète avec moins d’accès à l’eau, moins d’accès à la terre pour travailler, moins d’accès aux biens communs car ils seront plus nombreux. C’est pour cela que le pape dit que le cri de la terre est aussi le cri des pauvres, on pourrait dire aussi que c’est celui des jeunes et des enfants. La troisième traite que le pape évoque traite de la cause principale est le système économique financier productif global actuel. Pour cela c’est une nouveauté que le pape se base sur des conclusions scientifiques, l’important est que nous prenions davantage conscience et aidions les autres à prendre conscience, nous avons encore du temps, pas beaucoup c’est urgent et nous avons l’espérance, le pape dit toujours de ne pas perdre l’espérance, ne pas perdre la joie de vivre malgré la crise. Je terminerai en vous laissant la parole pour les questions.

Quel est le contenu de ce que vous appelez Panamazonie :

Maurizio Lopez :

Le plus important que c’est un système libre : Guyane, Surinam, Guyane Française, Venezuela, Equateur, Colombie, Bolivie, Pérou et Brésil. Les glaciers, les rivières qui naissent dans les hautes montagnes, quand elles sont polluées, affectent les communautés le long de leur parcours, la Panamazonie est constituée de tribus traditionnelles, qui sont les plus marginaux comme l’a dit le cardinal et ils peuvent être nos grands maîtres par rapport à la relation harmonieuse qu’ils ont à la nature, malheureusement maintenant la Pan-amazonie est importante pour des raisons d’intérêts externes non pour la vie en soi qu’il y a mais pour les ressources minérales, pétrole, connaissances génétiques, mais le problème c’est que l’Amazonie est exploitée pour profiter à peu de personnes, l’Amazonie est un héritage pour toute la planète, chaque élément organique de la planète se trouve en Amazonie : plantes, arbres , c’est une bibliothèque vivante que nous ne connaissons pas encore et que nous sommes en train de détruire. Comme le dit le pape, ce sont aussi les peuples qui habitent qui doivent nous apprendre comment vivre en équilibre.

Des membres de la CVX ont été envoyés en Amazonie, pouvez-vous en dire plus ?

Comment sentez-vous ce qui se vit actuellement dans la COP 21 ?

Maurizio Lopez : Je crois que c’est un moment très décisif pour le monde pour nous, cette COP parce que on a déjà beaucoup travaillé pour cette cop avec l’espoir que dans cette Cop nous déciderons des choses pour cette grave crise. Pour nous être ici est un moment privilégié et nous avec tant de personnes, d’organisations de la société civile qui sont ici , non seulement comme une organisation civique mais comme une lumière à montrer un chemin au moins continuer à trouver ce chemin ; nous sommes ici aussi comme chrétiens et moi j’ai beaucoup d’espoir, aussi si on décide tout ce qu’on devrait décider, nous pouvons faire des progrès, montrer qu’il y a un processus qui marche parce que la question est très compliquée, très complexe, avec tant de situations différentes, selon les pays, tant d’intérêts diverses de degré de développement diverse, par exemple l’Inde qui dit mais notre avenir pour vaincre la pauvreté dépend du charbon et le charbon est très néfaste pour le climat, pour dire comment les choses sont compliquées mais aussi il y a des intérêts indéfendables, on comprend ces intérêts mais ils sont indéfendables, nous espérons que des personnes pourront aider à vaincre ces intérêts indéfendables.

Les deux personnes de CVX qui ont étudié en Amazonie pour un an. Ils ont étudié parce qu’ils ont entendu une appel de Dieu particulier pendant leur discernement, comme chacun de nous ils ont ouvert la cœur à la possibilité d’être appelé, ils ont aussi leur cœur à être envoyé par la communauté pas seulement par leur désir personnel ; ils ont pris la décision de mettre leur vie à disposition pendant une année et notre assemblée mondiale au Liban en 2013 a parlé de notre engagement écologique en Amazonie et ils ont pris ces propos très sérieusement, comme beaucoup de membres en CVX dans leur vie quotidienne, ils font tout leur possible pour que cette question écologique progresse. La première chose est de se laisser toucher et changer par la réalité, ils ne sont pas allés pour sauver quelqu’un mais le cri des enfants en situation de grande marginalité a touché leur âme, ils se sont dévoués prou aider les enfants, former les personnes et ils ont assumé seuls le travail d’une paroisse jésuite et au même temps en voyant la réalité tellement urgente en Amazonie, ils ont commencé et se sont engagés pour que la minerie affecte les citoyens de là-bas ils sont prophètes et porte-parole pour la mission en Amazonie, non pour que tout le monde aille en Amazonie ( mais vous êtes les bienvenus), mais pour qu’à chaque fois que vous allez prendre une petite décision de consommation des ressources, vous vous posiez la question de la meilleure manière de le faire, et à travers les personnes qui sont là-bas, bien reconnaître le christ pauvre et crucifié.

Cardinal Hummes : Seulement pour ne pas mal interpréter, la question de l’Inde est une question très complexe, ce que je dis ne veux pas dire que je suis d’accord avec le charbon, je ne suis pas d’accord (même si je comprends) mais je crois qu’il faut trouver un chemin pour que cela soit possible, il faut pour les pays pauvres, qu’il y ait des règles pour compenser, nous devons leur permettre de construire et d’avoir un développement correct sans ce type de moyen qu’est le charbon.

Comment l’opinion brésilienne est touchée par ces questions écologiques et quelle est l’influence de l’église sur la politique brésilienne ?

Cardinal Hummes : L’ histoire de l’église brésilienne dans les derniers décennies a été partagé avec les autres églises , dans le cadre de la libération et pour cela aussi en Amazonie l’église a toujours été présente dès le commencement de la colonisation et quelque chose qu’aujourd’hui nous comprenons mieux dans ces temps-là, mais aujourd’hui l’église est très engagée, on dit souvent que c’est la question d’être prophétique, qu’est-ce que ça veut dire, ça veut dire être prophétique dénoncer des projets qui sont des dévastation, par exemple l’Eglise est très critique sur le projet du gouvernement au sujet des fleurs en Amazonie, il y a plus de trente et nous savons comment cela dévaste exactement et comment on dévaste là. Et aussi parce qu’il y a aujourd’hui des choses qui sont scientifiquement prouvées. Aujourd’hui il y a d’autres formes d’énergie, le photovoltaïque et le soleil le brésil a beaucoup, et aussi l’énergie éolienne qui sont économiquement viables, dans ces situations graves même s’ils sont plus chers que l’énergie hydroélectrique, ou fossile ou nucléaires, pire encore. L’Eglise est très critique sur ce type de projet, nous voyons que le gouvernement a une autre vision des choses, qui est cohérence de cette logique de système économique productive financière global et qui veut faire des richesses, de l’accumulation de richesse à n’importe quel prix, prix humain écologique et dévastation. Alors le gouvernement est encore très fort dans cette direction, peut-être il n’a pas encore cherché d’autres chemins, et nous savons aussi que ce doit être un chemin pour tous cela devrait être une décision plus grande que cela commence à changer le chemin de production, pour cela je dis que l’église est très engagée pour défendre le droit humain, la justice écologique du climat comme on dit déjà et surtout l’évangélisation et comme le dit le pape il s’agit de faire que l’église en Amazonie ait une face Amazonie, et ça veut dire que l’église qui est incarnée dans l’histoire l’identité la culture , les indigènes parce qu’ils sont notre culture , je dis pour moi j’ai visité beaucoup de gens, toute la région , la foret, les diocèses des communautés cela a été un privilège pour moi ; les indiens ils sont la périphérie de la périphérie, s’ils sont contacté s il deviennent plus pauvres encore, parce que s’ils sont isolés dans les forêts ils sont encore plus exclus et je dis toujours que deux fois nous avons spolié tout la terre, l’histoire ,la culture l’intelligence , tout ils ont tout perdu. C’est pour cela que je dis qu’ils sont plus pauvres Nous avons une dette très grande envers eux, parce que nous devons leur rendre d’être des sujets de leur propre histoire. Ils ne sont plus les sujets de leur histoire ils essaient de s’adapter à nous, ils sont objets de nos projets et non les sujets de leur histoire, je disais au pape quand même nous l’église nous devons leur rendre d’être le sujet de leur histoire religieuse pour donner un témoignage qu’ils peuvent avoir leur histoire.

Au sujet de la COP 21, quels seraient les deux sujets importants pour que cela soit satisfaisant ?

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